Nouvelle Création : J’appris à nager maman !

Avec le soutien de l’Annexe de Romainville, Le LoKal – Cie JM Rabeux, Anis Gras le lieu de l’autre, Le Grand Parquet et Le CentQuatre-Paris.

Écriture et jeu Maïe Degove

Mise en scène Flavia Lorenzi

Scénographie Marion De Villechabrolle

Création sonore en cours

Création lumière en cours

Production Cie BrutaFlor

  • Présentation

Il s’agit d’un solo pour une actrice qui vient questionner ses origines et son identité entre la France et le Chili, dans la quête d’une mère disparue.

« J’ai appris à nager maman ! » est la dernière chose qu’écrit Maïe enfant à sa mère dans une carte postale en Août 1996 alors qu’elle passe des vacances en France avec son père. Sa mère s’éteindra quelques jours plus tard à Santiago du Chili laissant derrière elle ses cinq enfants. C’est l’histoire d’une famille et de ses personnages entre deux continents. En partant d’un récit intime il s’agit de le faire résonner pour tout un chacun en tirant les fils de ses thèmes universels que sont le déracinement, le deuil, la construction de soi.

Le Chili est un pays de fantômes. 
Des êtres qui ne sont plus là. Qui ne reviendront plus.
L’abuelita Mariette, sa folie douce, son fort caractère 
et ses voyages ésotériques.
La Cecilia, ma tante artiste, peintre, athlète, et 
même presque miss Chili en 1968 selon des archives
de journaux trouvés dans mes recherches.
Mais surtout, dans ce trio de femmes disparues bien 
trop tôt... ma mère.
L’arbre généalogique, les branches, les racines,
d’où l’on vient, la psychogénéalogie dont parle
Jodorowsky, ramifications coupées avant même 
que je devienne femme, comment me comprendre 
alors?
Ce pays lointain à l’autre bout du monde, ce Chili
brumeux, mystique, poétique, contenant la mémoire
des femmes dont je descends.
Je suis venue à leur recherche.
Pour me rendre compte que cette mémoire n’est 
plus là, cette mémoire est poussière, pierre tombale.

Fantômes disparus, fantômes inatteignables.

(Carnet de voyage, Santiago du Chili, Janvier 2016)
  • Note d’intention par Maïe Degove

Ce projet se mûrit depuis 2014, époque où je menais une recherche universitaire sur le théâtre politique chilien et sa prise en charge du devoir de mémoire. Je me suis alors passionnée pour l’histoire de mon pays maternel, où j’avais vécu enfant, avant de retourner vivre en France suite au décès de ma mère. Je me suis questionnée sur le silence qui entourait la période de dictature militaire au Chili, j’ai étudié la piste de l’amnésie collective post-traumatique, pour constater que celle-ci faisait finalement écho, à plus petite échelle à un drame intime de ma propre vie. Mon passé, mon identité et ma mémoire étaient à l’image de celle de cette société chilienne que j’avais tant cherché à comprendre, à trou, meurtrie, entourée de silence. Au travers de ces années, des nouveaux voyages au Chili, des nouveaux retours en France, de mes maternités, de mes errances, de mes questionnements, je me suis vue collecter de la matière «sensible» pour une création théâtrale, qui tenterait de recoller ces morceaux.

La dramaturgie se compose de différentes bulles d’espaces-temps qui viennent se superposer : Le Chili, la France, l’enfance, l’âge adulte. Elle se construit à partir de matières réelles, tel que des écrits de journaux intimes, des carnets de voyages, des lettres, et par des scènes théâtrales de fiction où la comédienne interprète les différents personnages. La trame narrative est aussi traversée par la vidéo, la composition sonore/musicale, la danse.

Teaser > J’ai appris à nager maman !

Ce solo veut raconter le Chili, 
la France dans les yeux d’un enfant.
Il veut raconter l’avion dans les nuages 
qui mène à l’autre bout du monde.
Il veut raconter ce que c’est de faire partie de deux pays.
Il veut raconter le deuil d’une mère.
Il veut raconter le souvenir qui s’efface, 
le souvenir qu’on réinvente.
Il veut raconter la famille, il veut raconter le silence.
Il veut raconter le voyage, le ciel étoilé, 
les glaciers dans la mer.
Il veut raconter comment on grandit.
Il veut raconter la mort mais aussi et du même coup la vie