Sujet pour une petite nouvelle

Créé le 23 avril au Théâtre de l’Opprimé

La Variation, en musique, consiste en la transformation d’une phrase musicale par des procédés d’écriture et de composition, qui ouvrent le motif premier vers des horizons inexplorés, tout en laissant le thème original reconnaissable.

C’est avec cette idée, de variation, et non pas d’adaptation ou d’actualisation, que j’ai décidé de travailler sur La Mouette d’Anton Tchekhov. Ce texte, qui est une des plus belles réflexions sur l’art et l’amour, m’accompagne depuis longtemps. Avec La Mouette, Tchekhov ouvre les horizons du théâtre occidental vers une modernité encore jamais vue, et jusqu’aujourd’hui, ce qui est au cœur de cette dramaturgie demeure intemporel.

Le théâtre ne cessera jamais de chercher les « formes nouvelles », et pourtant, après tout ce qu’on a pu voir sur les scènes, comment donner vie a une mouette d’aujourd’hui ?

Je ne voulais surtout pas faire du texte de Tchekhov un tableau anachronique, au contraire, je vois dans ce texte la possibilité de parler de notre époque, de ce que nous sommes, de nos rêves, nos peurs, nos combats.

Sujet pour une petite nouvelleVariation sur La Mouette de Tchekhov est le résultat d’un intense processus de création qui a commencé en juin 2013. Il nous a fallu du temps pour plonger dans l’univers tchekhovien et travailler sur ses variations.

Nous avons cherché, recherché, écrit, réécrit, dansé, chanté, improvisé, coupé, ajouté, répété.

Nous avons pris le risque de faire du théâtre, ensemble !

Notre variation n’est pas une déconstruction du texte de Tchekhov. L’auteur a toujours été le génie qui a guidé et éclairé notre recherche. Sujet pour une petite nouvelle raconte l’histoire de Treplev, d’Arkadina, de Nina, de Macha, de Trigorine, l’histoire de La Mouette, celle de Tchekhov. Prenant cette dramaturgie comme fil conducteur nous avons ouvert quelques « fenêtres » donnant sur de nouveaux horizons. Dans Sujet pour une petite nouvelle on entend aussi Rilke, Bukowski, Shakespeare, Lispector, Kafka, Nakim Hikmet, Dostoïevski.

Sur scène, sept comédiens. Chacun prend sa place dans l’espace scénique : LE SPECTACLE VA BIENTOT COMMENCER. La frontière entre l’histoire racontée et le moment présent est faible et ces deux dimensions se mélangent bien des fois. Tchekhov nous entraîne vers cette ambigüité et nous l’acceptons, car au-delà de toute ‘‘construction’’ des personnage, nous sommes nous-mêmes les individus qui vont vivre cette histoire et la raconter au public.

Le spectateur assiste à une sorte de combat entre le comédien et son personnage, et cette dualité, au cœur de notre jeu, donne au texte de Tchekhov une présence encore plus palpable, immédiate. Pas de costumes d’époque, pas de paroles d’une Russie lointaine, pas de distances. Notre maison de campagne est le plateau, notre lac, le mur du théâtre. Nous sommes là, devant vous, et pas ailleurs.

Mesdames et messieurs : LE SPECTACLE VA BIENTOT COMMENCER.

 Flavia Lorenzi, avril 2014

 

 

Mise en scène Flavia Lorenzi

Traduction et Adaptation Cie BrutaFlor

Assistant à la mise en scène Fanny Mougel et Carlos Manuel Fino

Scénographie Cie BrutaFlor (avec l’aide de Alexis Cauvin)

Costumes Cie BrutaFlor

Lumière Arthur Braesch

Bande Sonore Flavia Lorenzi

Préparation Corporelle Chuca Toledo

Préparation vocale Marcus Vinicius Borja et Fanny Mougel

Collaboration Artistique Frode Bjørnstad

Administration Marie-Pierre Mourgues (avec la collaboration de Chloé Julien-Guillet)

Jeu Alexander Colle, Alexandre Meunier, Delphine Ory, Jérôme Aubert, Julien Saada, Maïe Degove et Marion Franqui.

 

télécharger le dossier

photos vidéos